septembre 10, 2014 at 11:40

FEMMES ET VIOLENCE: PAS JUSTE RAY RICEvlad / Taxi / no comments


« ll y a longtemps que j’ai pas eu d’action comme ça dans mon lit. »


« Woow! Elle doit être belle. »


« Non j’parle des bed bugs qui pullulent dans ma chambre. »


« Oh shit !!! »


Le gars m’explique que des punaises de lit font le party chez lui, malgré le passage de plusieurs compagnies d’extermination.


Quelques minutes passent, je me trouve avec une Française qui me fait sourire, lorsqu’elle me demande si TVA c’est un bureau de taxes sur valeur ajoutée.


« Non, c’est juste une station de télévision privée. Pis pour la valeur ajoutée, elle paye pas trop de taxes dessus. »


Les choses que tu peux entendre dans un taxi…


Je ris encore des échanges que j’ai eu avec mes deux premiers clients, lorsque j’aperçois à ma gauche, un gars qui frappe une fille la propulsant du même coup, par terre.


Je file tout droit vers le centre-ville, la semaine n’a pas été bonne, c’est dimanche, une chicane de couple c’est pas de mes affaires.


Une voix, celle de Denise Bombardier, vient me titiller l’esprit.


« Les hommes sont des lâches, et la plupart n’ont même pas la décence d’aider une femme sans défense en détresse. »


J’sais pas pourquoi, une force hors de moi, me fait retourner sur mes pas.


Lumière rouge, quelle lumière rouge? Fais un u-turn à l’intersection, pèse sur le gaz comme si ma vie en dépendait, arrête brusquement juste devant le couple, baisse ma fenêtre, m’adresse à la fille qui semble à peine avoir 18 ans.


« Ça va? »


Elle est en larmes, je la sens terrifiée, aucun son ne sort de sa bouche. Non c’est son soi-disant copain qui prend la parole!!!


« C’est correct big, c’est ma blonde. »


« Si c’est le cas t’ avais pas d’affaires à la pousser par terre. »


« C’est quoi tu’m dis la man? »


« Tu m’as bien compris, t’en prendre à une fille en la poussant sur le sol, c’est pas correcte. »


Un bref silence s’installe, je l’entends sacrer en se chuchotant à lui-même : « Criss de colisse de tabarnak… »


Puis enfin il m’adresse la parole, en haussant le ton de façon démesurée!!!


« Veux-tu que je vienne te pousser moé, tu vas voir c’est quoi pousser quelqu’un! »


« Let’s go mon asti de lâche, let’s go !!! »


Il pensait sûrement que j’allais fuir.


J’étais plus rouge que le feu de circulation. Situation oblige, manifestement il l’était aussi.


Je le vois courir vers mon véhicule et en moins de deux il est dans ma face; sa tête à l’intérieur de mon taxi, il essaie de m’asséner des coups de poing. Aucun ne m’atteint. Les invectives ne cessent de pleuvoir.


« Fuck you, asti de lâche! »


« Sors de ton taxi, tu vas voir mô t’arranger l’portrait! »


« Fuck you, asti de cave! »


« Hé, mon tabarnak! »


Il avance sa tête un peu trop dans le taxi, c’est ma chance, je prends un élan, et lui lance un coup de poing qui tombe sur son crâne comme une massue.


Abasourdi, il perd équilibre, vacille tel un ballon qui dégonfle. Il atterrit sur le sol.


Je redemande à la petite fille si ça va, elle reste toujours muette.


Entretemps un autre type, sûrement l’ami du premier, se présente à ma fenêtre; plus petit, lunettes au visage, il n’est pas de taille, pourtant l’alcool l’aura forcément convaincu du contraire.


Comme le premier, il a sa tête et un bras dans le taxi. Quel ne fut pas sa surprise, lorsqu’il s’est rendu compte que je montais ma fenêtre.


Trop tard. Il essaie de se dégager mais le mal est déjà fait. La vitre tenait son avant bras. Coincé, il tapait sur le véhicule comme un mongole. Il n’y avait rien à faire.


« J’vais te tuer, mon osti! »


« Dans tes rêves, le schtroumpf à lunettes!!! »


Je me suis mis à reculer, avec son bras comme compagnon dans le taxi. C’était trop drôle, il ne s’y attendait pas.


Il est au pas de course dirigé par la direction que prend mon taxi. Je descends la fenêtre, arrête le véhicule, voilà qu’à son tour, il perd lui aussi l’équilibre.


J’avance le cab près de la petite, lui demande si ça va. À peine eu-t-elle le temps d’acquiescer que je vois, sous mes yeux, les deux abrutis.


Je n’ai qu’à donner un coup de gaz pour les rendre paraplégiques… Les rues ont cette sagesse inexplicable qui t’amènent toujours à te surpasser, au nom d’un seul mot, la survie.


À travers tout ce processus, selon la personne concernée, je peux être le meilleur ou le pire de ce qu’ils connaîtront. Cette nuit le hasard a bien fait les choses. Je flash mes hautes, pour leur faire comprendre qu’ils sont à ma merci. Je mentirais si je disais que ça ne m’est pas passé par la tête; quoi donc Vlad? De leur passer dessus bien sûr.


L’animal que je suis ne pense qu’à la destruction, pourtant c’est le cartésien en moi qui triomphera. Ça ne vaut pas la peine de faire du temps pour des loosers. Phrase qui passe et repasse dans ma tête.


De façon calculée, je pointe ce qui me sert maintenant d’arme, mon taxi, vers ces couards; pose mon pied sur la pédale à gaz, feins de foncer sur eux pour les frôler au dernier moment. Je leur faire comprendre que j’avais leur vie entre mes mains et, que je les ai épargnés.


« Va chier, mange un char de marde!!! », furent mes mots d’adieu à leurs égards. Des fois la force ne réside pas dans l’anéantissement d’autrui.


Un doublé pour les lumières, elle sont rouges, j’ m’en criss, fais un u-turn, intercepte les policiers, qui passaient par-là.


« Hé c’est quoi ça? » me dit l’un des patrouilleurs.


« Oublie la criss de lumière, pis le u-turn, y a un gars qui est en train de massacrer sa blonde pas très loin. »


« Oui, on a eu un appel pour ça. »


Je leur indique l’endroit exact ou tout c’est passé.


« Merci », me dit le deuxième patrouilleur, qui se trouve à être une fille.


« De rien grande chef. »


À la vue de la police qui s’approche, je vois les deux courageux prendre la poudre d’escampette. Les jambes à leurs coups, ils s’enfuient. Pauvre d’eux, ils ne pourront aller loin, la seule issue débouche sur l’autoroute.


Ps : Primo, j’ai une aversion sans borne pour les gens qui s’en prennent aux plus faibles qu’eux. C’est pire lorsque c’est un gars versus une fille. Si vous êtes ce genre de personne, prière de m’éviter.


Si tu te reconnais petite moviète, c’est quand tu veux, moi j’suis toujours dispo pour un one on one, dans mon livre à moi t’es juste un looser, une vraie vermine !!!


Secondo,t’es chanceux que c’était pas ma fille que t’a poussé mon chum, car ton cerveau de retardé aurait eu un match parfait pour le corps d’handicapé que mon taxi t’aurait accidentellement causé.


À mains nues j’ t’aurais donné une telle volée que même par identification dentaire on t’aurait pas reconnu.


Tu le sais que t’es pas un vrai, t’es juste une pâle copie, une malformation génétique, une erreur de la vie.


Tertio, il faut mettre une chose au clair les boys, il y a rien qui justifie de violenter une femme. Je me crisse de ce qu’elle a pu dire ou faire… te cracher dessus, insulter ta mère, t’envoyer chier… Il faut que tu te contrôles. C’est ce qui différencie les hommes des loosers.


À toutes les filles qui sont dans des relations abusives, avec un gars cool que vous pensez pouvoir changer, j’ai quatre mots pour vous : « Get the fuck out ».


Si tu aimes, partage, si tu t’en crisses c’est que t’as encore rien compris à la vie.


Pas de commentaire

CommentairesMettez votre voix sur cette article